Le VIIIe arrondissement

Organisé autour de la célèbre avenue des Champs-Élysées, le VIIIe arrondissement est la vitrine prestigieuse de la France, où défilent chefs d’États, armées et touristes. Peu de place pour les anecdotes: les plaques de rue portent presque toutes des noms de personnages illustres, dont un nombre notable d’étrangers.

Les Champs-Élysées sont à l’origine le prolongement, tracé par Le Nôtre en 1670, du jardin des Tuileries. Élargi et remanié plusieurs fois, mais coupé par un égout à ciel ouvert, le lieu n’attire au XVIIIe siècle qu’une faune interlope, venue s’amuser dans de médiocres guinguettes: on le décrit sous Louis XVI comme une « zone torride ou glaciale, un champ de boue ou de poussière au terrain rude et inégal disloquant les plus solides carrosses ». En 1800, l’avenue ne compte que six maisons. Cédée par l’État à la Ville, elle est aménagée à partir de 1828 : maisons, hôtels et restaurants – sans oublier mille deux cents candélabres au gaz – vont la transfigurer.

Un lieu de plaisirs

L’avenue devient bientôt un lieu de plaisirs huppés – Palais des Glaces, panoramas…-, dont témoigne encore la toponymie alentour. La rue du Cirque menait ainsi au Cirque d’été, détruit en 1902, à la différence du Cirque d’hiver. La rue du Colisée porte le nom d’un établissement ouvert en 1771, qui rassemblait cafés, boutiques, salles de bal. L’ensemble, éclairé chaque soir, par deux mille bougies, a totalement disparu.

Le défilé des grands hommes

Vingt-huit noms de personnalités, trente-deux noms de lieux illustres : le VIIIe est un assurément un arrondissement d’apparat. La Déclaration des droits de l’homme, votée en 1789, se veut universelle : Paris consacre donc ses plus belles artères aux dirigeant étrangers – Pierre Ier de Serbie, Franklin D. Roosevelt…-, ainsi qu’aux capitales européennes – Vienne, Madrid, Saint-Petersbourg-, sans oublier les illustres Français -François Ier, Matignon, Chateaubriand…

Si les deux tiers des voies de l’arrondissement sont ouvertes au XIXe siècle, le XXe siècle va ajouter des noms aux places qui n’en avaient pas : Clemenceau, Saint-Augustin ou Henri Bergson…, qui voisinent avec le Pérou, le Guatemala ou Rio de Janeiro. Le seul inconnu, au milieu de ce beau monde, est le soldat enterré sous l’Arc de triomphe, auquel mène le discret passage du Souvenir…

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