Le pont Mirabeau

Célébré en 1913 par Guillaume Apollinaire dans son poème du même nom, le pont Mirabeau voit le jour à la fin du XIXe siècle, dans le cadre d’un projet d’urbanisme qui vise à l’ancrer dans le tissu parisien, malgré sa situation excentrée, à l’ouest.

Comme celui de Tolbiac, le pont Mirabeau trouve ses origines dans le projet, élaboré à la fin du XIX e siècle, de tracer un axe de circulation qui les relierait l’un à l’autre par la rive gauche, en une sorte de demi-arc de cercle au sud de la Seine. Cet axe comprend aujourd’hui, d’ouest en est, la rue de la Convention, la rue de Vouillé, la rue d’Alésia et enfin la rue de Tolbiac, menant ainsi directement d’un pont à l’autre.

Un petit air d’Alexandre-III

Le projet des ingénieurs Paul Rabel et Jean Résal, le futur auteur de la passerelle Debilly et du pont Alexandre III, remporte le suffrage des autorités municipales. En 1893 commence la construction d’un ouvrage constitué d’une arche centrale de 96,5 m de long, encadrée de deux demi-arches de 34 mètres de long chacune.

Comme des barques sur la Seine

Reposant sur des piles en maçonnerie dont les fondations plongent à plus de 20 mètres de profondeur, sa structure métallique n’est pas sans rappeler celle du pont Alexandre III.

Les deux becs de pile du pont sont ornés de sculptures allégoriques en bronze, dues à Jean-Antoine Injalbert. Celui-ci a imaginé les piles comme des barques; dotées de figures de proue et de poupe : côté rive droite, La Ville de Paris est la figure de proue de la première barque qui suit le courant et répond à La Navigation, à la poupe. Côté rive gauche, L’Abondance est la figure de proue de la seconde barque, qui remonte le courant, et Le Commerce lui répond à la poupe.

Les quatre allégories sont surmontées des armoiries de Paris.

Un goût d’inachevé

Quand ils conçurent le pont Mirabeau, les ingénieurs s’occupèrent également de son environnement immédiat en dessinant deux places à ses extrémités, sur chacune de ses rives.

Les rues Émile-Zola et Balard, symétriques par rapport à la rue de la Convention, furent percées sur la rive gauche, permettant d’accéder directement au pont, ces trois rues formant ainsi les trois branches d’une étoile. Mais, rive droite, la rue qui devait être percée symétriquement à la rue Mirabeau ne vit jamais le jour, d’où le goût inachevé qui flotte sur cet espace…

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