Le pont de Bir-Hakeim

Au tout début du XXe siècle, la construction du métro va imposer de nouvelles exigences aux urbanistes et architectes de Paris. Le pont de Bir-Hakeim doit ainsi sa spécificité au viaduc ferroviaire qui le surmonte et qui traverse la Seine à ciel ouvert.

Ce furent les riverains des quartiers de Grenelle et de Passy, rattachés à la ville de Paris en 1860, qui les premiers demandèrent l’édification d’un pont entre ceux d’Iéna et de Grenelle, afin de circuler plus facilement. Une passerelle métallique est ainsi construite à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, mais les besoins du métro amènent bien vite à reconsidérer son existence.

En effet, la construction de la ligne 6 qui doit relier la place de la Nation à la place de l’Étoile nécessite l’édification d’un nouveau passage sur la Seine à cet endroit-là. Les autorités municipales décident alors de transformer la passerelle de Passy en un pont capable de supporter à la fois le métro, des véhicules et, bien sûr, des piétons.

Une terrasse sur le fleuve

L’ingénieur Louis Biette remporte le concours organisé en 1902 par la mairie de Paris grâce à des plans associant audace technologique et recherche d’une certaine forme d’esthétique. Prenant appui sur l’extrémité est de l’île aux Cygnes, le pont est constitué de deux ouvrages symétriques : le petit bras, long de 90 mètres, du côté de la rive gauche, et le grand bras, long d’un peu plus de 110 mètres, côté rive droite.

Tous deux sont composés d’une arche centrale et de deux demi-arches. Ils prennent appui sur un massif en maçonnerie édifié au bout de l’île aux Cygnes, aménagée en grande terrasse sur le fleuve.

Des éléments d’ancrage

La mauvaise qualité du sous-sol à cet endroit du fleuve impose de construire des piles étroites. Afin que les poussées horizontales s’exerçant sur le pont ne soient pas trop fortes, il est alors décidé de faire reposer la base de chaque arc sur des éléments d’ancrage. Au centre des deux voies réservées à la circulation des véhicules, on érige un viaduc pour que le métro puisse à son tour traverser le fleuve.

Reposant sur une double rangée de colonne métalliques soutenues par les culées des deux rives, ce viaduc prend appui sur un monument en forme d’arc de triomphe au niveau de l’île aux Cygnes.

Une décoration soignée

Pour la décoration de ce pont, on fait appel à l’architecte Jean-Camille Formigé. Celui-ci parvient à alléger l’aspect assez lourd de l’ouvrage en donnant aux colonnes de l’aqueduc des courbes végétales, caractéristiques de l’Art nouveau, ainsi qu’un rinceau à sa balustrade. Il commande au sculpteur Gustave Michel huit ensembles statuaires en fonte représentant des nautes amarrant le blason de Paris et des forgerons fixant un médaillon de la République française.

Destinés à orner le sommet des piles du pont, ces groupes apparaissent comme suspendus au-dessus de l’eau, enlacés à la structure métallique. L’ar ce triomphe est richement décoré, chacun de ses écoinçons étant orné d’une statue allégorique : en amont, Le Travail et la Science de Jules-Félix Coutan et, en aval, le Commerce et L’Électricité de Jean-Antonin Injalbert.

En 1949 ce pont de Passy sera rebaptisé « de Bir-Hakeim », nom d’une victoire des Forces françaises libres sur les troupes du général Rommel en juin 1942, dans le désert de Lybie.

La France renaissante

En 1930, on placera sur la terrasse du pont la statue offerte par le Danemark à la France en 1830. Œuvre du sculpteur Holger Wederkinch, elle a pour nom La France renaissante et représente Jeanne d’Arc à cheval au grand galop, glaive à la main comme pourfendant les airs.

Les jours de fête, cet emplacement est très prisé des Parisiens qui viennent y admirer les feux d’artifice tirés depuis la tour Eiffel, à quelques centaines de mètres en amont.

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