Les peintres du Grand Siècle

À la fin des années 1640, Champaigne se rapproche du mouvement janséniste et en devient le peintre emblématique, d’abord à l’abbaye de Port-Royal de Paris, puis à Port-Royal des Champs, à quelques encablures de la capitale.

Malgré la concurrence que lui fait Charles Le Brun, le rythme des commandes ne faiblit pas : après la décoration de l’appartement d’Anne d’Autriche au Val-de-Grâce ainsi que celle du réfectoire de l’hôpital, il réalise une série de trois grands formats destinés à l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, dans le Marais – deux de ces œuvres sont aujourd’hui conservées au musée du Louvre, L’Apparition à saint Amboise et Translation des corps de saint Gervais et de saint Protais. À la même époque Champaigne est dirigé par Charles Le Brun dans le cadre du chantier de décoration du palais des Tuileries.

Il participe également à la décoration de l’église de la Sorbonne, qui abrite le tombeau du cardinal de Richelieu, de l’église Saint-Merri et de l’église Saint-Médard : cette dernière renferme notamment un superbe Christ au tombeau, peint par Champaigne et exposé dans sa chapelle du Sacré-Cœur.

Le peintre favori du Roi-Soleil

Celui qui va prendre la succession de Philippe de Champaigne en termes de prestige et d’influence sera Charles Le Brun. Après avoir étudié sous l’égide de Simon Vouet et de Nicolas Poussin, il bénéficie de la protection du chancelier Séguier. En 1647, alors qu’il n’a pas 30 ans, il est nommé peintre et valet de chambre du roi.

C’est à ce moment-là qu’il réalise La Crucifixion de saint André pour la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, une œuvre qui y est toujours conservée. Après avoir décoré le château de Vaux-le-Vicomte, la demeure du très riche Nicolas Fouquet, il participe à la création de l’Académie royale de peinture et de sculpture ainsi qu’à celle de la manufacture des Gobelins, dont il sera d’ailleurs nommé directeur en 1663.

De palais en hôtels

En marge de la décoration du château de Versailles, chantier sur lequel Le Brun travaillera pendant trente ans, il exécute également le plafond de la galerie d’Apollon, au palais du Louvre, ainsi que les peintures de la galerie d’Hercule, à l’hôtel Lambert, sur la pointe orientale de l’île Saint-Louis.

Sur l’île Saint-Louis, toujours, l’hôtel de Lauzun abrite des plafonds peints par Le Brun, tout comme l’hôtel d’Aumont, situé rue de Jouy, dans le IVe arrondissement. Aujourd’hui, une salle du musée du Louvre est entièrement consacrée à Charles Le Brun, le musée détenant une partie très importante de l’œuvre du peintre préféré du Roi-Soleil.

Coypel, de père en fils

Né et mort à Pairs, Nicolas Coypel est lui aussi l’une des figures majeures de la peinture de la fin du XVIIe siècle. Son père Noël, peintre également, le forme dès son plus jeune âge; Antoine étudie d’abord dans son atelier situé quai de la Mégisserie , puis à l’Académie, dont Noël est membre.

De 1673 à 1675, Antoine complète sa formation à Rome, où son père a été nommé directeur de l’Académie de France. Revenu en France, il y commence une carrière prestigieuse, intégrant l’Académie royale de peinture en 1681 et obtenant un logement aux galeries du Louvre en 1697. En 1714, il est nommé directeur de l’Académie, et, deux ans plus tard, devient premier peintre du roi.

Des décors prestigieux

Coypel est alors chargé de décorer les demeures royales de Marly, de Meudon et, bien sûr, de Versailles, où il réalise, en 1715, ce qui est probablement son œuvre la plus fameuse: le plafond de la chapelle royale. À la même époque il se consacre à une autre de ses œuvres majeures, malheureusement disparue aujourd’hui: le décor de la galerie d’Énée, au Palais-Royal.

Coypel habite alors dans un appartement situé dans les prestigieuses galeries du Louvre. Après sa mort, il sera enterré au côté de son père, dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, ses restes se trouvant probablement toujours dans l’ossuaire. Aujourd’hui, on peut admirer une grande partie de ses œuvres, dont L’Évanouissement d’Esther ou le portrait de Démocrite, au musée du Louvre.

 

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