A l’ombre du Roi Soleil

L’histoire de l’art à Paris a été profondément marquée par les créations successives des différentes Académies à la fin du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV. Ces dernières instaureront une nouvelle manière d’apprendre et de créer pour les artistes des différentes corporations.

Créée en 1648 afin de contrecarrer l’influence de la guilde de Saint-Luc, à laquelle appartiennent la plupart des peintres de l’époque, l’Académie royale de peinture et de sculpture bouleverse le statut de l’artiste au sein de la société. Avant cette date, la peinture et la sculpture étaient en effet considérées comme faisant partie des arts mécaniques, par opposition aux arts libéraux comme la rhétorique, la musique ou l’astronomie.

Un organe de contrôle

Un petit groupe d’une dizaine d’artiste mené par le jeune Charles Le Brun demande alors au roi de pouvoir se mettre sous sa protection. Imaginée par Colbert comme un organe de contrôle et d’encadrement de l’art, en dépit de la devise Libertas artibus restituta, « La liberté restituée aux artistes », l’Académie est à la fois un endroit de régulation et un lieu d’enseignement.

Ses membres se réunissent régulièrement en son siège, au palais du Louvre, et c’est d’ailleurs là que, dès 1699, sont exposés les tableaux candidats au prix de Rome. La manifestation se tient d’abord dans la Grande Galerie, puis, à partir de 1725, dans le Salon carré du Louvre. À partir de 1737, l’exposition devient annuelle et attire de plus en plus de visiteurs. Diderot en rédigera neuf comptes, rendus de 1759 à 1781, faisant du même coup de la critique d’art un genre littéraire à part entière.

L’Académie royale de musique

L’Académie royale de musique est fondée le 26 juin 1669 par une lettre patente de Louis XIV nommant Pierre Perrin à sa tête. Celui-ci crée alors l’une des premières troupes de chanteurs lyriques du monde. Pour elle, il écrit le livret du premier opéra français, Pomone, composé sur une musique de Robert Cambert.

Pour accueillir l’Académie, on construit un nouveau théâtre capable de supporter la machinerie importante nécessitée par la représentation d’opéras et de ballets. Il se situe alors à l’emplacement de la salle du Jeu de paume de la Bouteille, aujourd’hui entre le numéro 42 de la rue Mazarine et le numéro 43 de la rue de Seine.

En 1673, le théâtre déménage pour la salle du Palais-Royal, auparavant occupée par la troupe de théâtre dirigée par Molière. Cette salle sera détruite par un incendie à deux reprises, d’abord en 1763 puis en 1781. En 1672, Pierre Perrin cède son privilège au compositeur Jean-Baptiste Lully. Il vient en effet d’être emprisonné pour dettes après avoir été largement escroqué par ses associés. Une fois Lully nommé directeur, l’opéra connaîtra un immense succès auprès des Parisiens, chaque nouvelle création du compositeur remportant un triomphe immense auprès du public.

Le Ballet de l’Opéra de Paris

Les treize membres de l’Académie, tous danseurs et musiciens, ont la charge de former une nouvelle troupe de danseurs pour les spectacles donnés sur la scène de l’Académie. Bien que la Corporation des musiciens de Saint-Julien s’insurge contre les privilèges qui leur sont accordés, elle ne parvient pas à obtenir l’arrêt de ses activités. En 1669, la compagnie de danse académique classique est intégrée à la nouvelle Académie royales de musique.

La troupe deviendra le Ballet de danse de l’Opéra, et son école, celle de danse de l’Opéra, est aujourd’hui l’une des plus prestigieuse au monde. Au cours de son histoire, l’Académie de musique n’occupera pas moins de quinze salles. Toutes ou presque ont été détruites, soit par des incendies comme la salle Le Peletier en 1873, soit par les révolutions qui traversèrent la capitale au cours de son histoire, soit sur ordre des autorités, comme la salle des Menus-Plaisirs ou le théâtre Louvois. Installée à l’Opéra Garnier à partir de 1875, la compagnie possède un nouveau lieu depuis 1990: l’Opéra de la Bastille.

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