La place du Trocadéro

Elle fut dédiée au roi de Rome, avant de prendre le nom de « Trocadéro », d’après celui d’un fort espagnol. Elle accueillit un beau palais, qui fut remplacé par un autre. En 1978, son nom changea encore: c’est désormais la place du Trocadéro-et-du-11-novembre. Et tout cela en moins d’un siècle et demi !

Il est fait un fonds spécial de trente millions pour la construction du palais de Rome, au-dessus du pont d’Iéna, et l’acquisition des terrains qui y sont nécessaires.

Contrairement à ce que prévoyait ce décret du 16 Février 1811, le palais destiné à être la résidence du roi de Rome sur la colline de Chaillot, ne sera jamais édifié… Le fils de Napoléon Ier, né cette même année 1811 disparaîtra en juillet 1832, trop tôt pour voir, à défaut de palais, la place qu’on lui consacre sur les hauteurs de Chaillot en 1869.

En 1877, cette place du Roi-de-Rome prend le nom de « Trocadéro », allusion à un fortin de la baie de Cadix pris par le duc d’Angoulême lors de la campagne d’Espagne. Charles X songe à commémorer cette minuscule victoire en faisant élever un obélisque…qui ne verra jamais le jour et sera remplacé par un peu glorieux fortin de carton-pâte…

Une nouvelle perspective

La place conserve néanmoins son nom et, mieux, le transmet au palais qu’on y dresse pour l’Exposition universelle de 1878: un édifice empruntant à la fois aux styles mauresque et néo-byzantin, conçu par Jules Bourdais et Gabriel Davioud.

Las, le palais du Trocadéro devra disparaître pour que la place du même nom puisse prendre son visage définitif. Les organisateurs de l’Exposition internationale des arts et techniques de 1937 décident en effet d’y situer l’entrée de la manifestation : un nouveau palais, celui de Chaillot, est construit sur les ruines de l’ancien.

Il sépare la place des jardins du Trocadéro avec lesquels elle se confondait jusque-là. Un projet novateur, qui explorait les possibilités nouvelles du béton, est refusé. On lui préfère celui cosigné par les architectes Jacques Carlu, Louis-Hippolyte Boileau et Léon Azéma, qui a l’avantage de ménager les deniers publics, puisqu’il propose de reprendre l’ossature de l’ancien palais du Trocadéro et d’insérer entre ses longues ailes une terrasse de 60 mètres de large, qui fait face à la tour Eiffel, plantée de l’autre côté de la Seine.

C’est là que s’organisera l’un des tous premiers réseaux de la Résistance, celui du musée de l’Homme, dès la fin de l’année 1940. C’est aussi là que sera adoptée la Déclaration universelle des droits de l’homme, le 10 décembre 1948, par une assemblée générale des Nations unies.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.